[ Cliché ]

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De bon matin, il fait horriblement chaud. Noire qu'elle est, elle sent le mercure lui donner deux trois gifles par-ci, par là. Vêtue d'une légère robe bustier aux couleurs chaudes qui laisse entrevoir un simple petit boxer noir, elle déambule sur les trottoirs, dont les trous ne sont toujours pas comblés, qui mènent à la gare. Bizarrement, en marchant, elle se met à contempler l'environnement qui la berce depuis des années, celui qui l'a vu grandir, celui auquel elle a fait tant de misère et qui lui a répondu par tant de galère. Le bus qui ne s'arrête pas sans appel de signes de la main. Le bus qui s'arrête de circuler à vingt-trois heures, le samedi soir. La fête de la musique couplée aux pétards. Les quads qui parcourent la route. Les scooters qui circulent en sens inverse. Sa ville, en gros. Elle rêvassait lorsque soudainement, elle aperçoit du coin de l'½il, un homme qui semblait vouloir lui parler. Cet homme, un chabin d'une trentaine d'années, affalé sur le siège conducteur d'une épave de luxe. Une bedaine apparente probablement due à l'excès de rhum.

# Posté le jeudi 17 juillet 2008 03:06

Modifié le jeudi 30 juillet 2009 11:45

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10h37.
Il est dix heures trente-sept lorsqu'elle arrive à la gare de St-Denis. Au bord de la crise de nerfs à cause des problèmes de tram, elle décide alors de rebrousser chemin. Elle, parmi tant d`individus, se sent comme un grain de maïs dans une salade de riz. Un atmosphère pesant, rendu gai par l'abondance de mamans africaines, avec leur fameux bou-bou, vendant des " ma-ï-so " sur le quai de la seine. Elle avance. Descend ces marches & monte nonchalamment les douze marches qui la séparent du quai... Enfin. Son premier réflexe; regarder le panneau d'affichage. RER D direction Villiers-le-Bel à 10h52. Il lui faut attendre plus de dix minutes mais cela ne la dérangeait pas plus que ça car son MP3 l'accompagnait. L'orage étant passé, elle observe les gens & en particulier, un jeune homme qui avait l'air d'avoir envie de lui parler.

# Posté le vendredi 27 juin 2008 04:46

Modifié le jeudi 30 juillet 2009 11:44

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Il fait froid. Les nuages sont gris, les allées, verglacées. Bonnet, écharpe & gants sont portés par chacun d'entre eux, y compris elle. Pauvre vagabonde, elle erre dans les rues du 6ème arrondissement de Paris, entre le boulevard St Germain et la rue de Rennes. Elle avance difficilement, zigzague entre ces gens bourrés de fric, entre ces touristes chinois qui s'arrêtent en plein milieu pour prendre des clichés. Des clichés de l'église St Germain. Des clichés du postérieur des passantes. C'est la folie quoi! Jusqu'à ce qu'un banc s'offre à elle. Ce banc. Un banc pas comme les autres Un banc en chêne seul face à cet environnement bourgeois. Assise là, elle contemple, observe, analyse tous ces passants qui se ressemblent tous les uns les autres: blazer, slim, cavalières pour les femmes. Blouson en cachemire, col V assorti d'une chemise, jean, chaussures pour les hommes. La singularité est-elle encore de ce monde? se demandait-elle. Elle, que le vent glacial percutait de plein fouet ... une lueur de soleil, de chaleur parmi cette fraîcheur, se manifeste lorsqu'elle rencontre, face à elle, un magnifique couple qui avait l'air de ne former plus qu'un. Il dégageait une incroyable source de calme, de paix & d'amour. Obnubilée, elle l'était. Obnubilée par ce couple comme il en existe que très peu. Sans vouloir casser leur intimité, elle se lève, s'en approche et un mot sort de sa bouche. Bonheur. Un tout & s'en va le c½ur léger ...

# Posté le lundi 16 juin 2008 07:32

Modifié le jeudi 30 juillet 2009 12:04

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1996. Albi. Il devait être environ neuf heures moins le quart. Tous là. Lui. Elle. Eux. Sur la place qui lie les chambres & la salle à manger. Tous super excités. Ca parle, ça rit, ça se chamaille, ça boude. On leur annonce que ce soir, sera une soirée Contrebandier. Les yeux pétillent. Les visages resplendissent & les corps s'agitent. Le sien, y compris.

# Posté le dimanche 04 mai 2008 15:32

Modifié le vendredi 31 juillet 2009 10:50

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Fatiguée par le soleil et les 3o minutes passées dans le tramway, elle arrive nonchalante à la gare de Saint Denis. Elle y passe sa carte imaginaire et ses pas la guident sur le quai. Stand by. Son cerveau bugue. Pourquoi tant de monde sur le quai ? se demandait-elle. " En raison d'un incendie à la gare du nord, le trafic du RER D direction Orry-la-Ville est interrompu jusqu'à nouvel ordre". D'un pas paradoxalement réfléchi et d'un air fortement blasé, elle descend les trente-deux marches qui l'emmènent au tunnel. Elle en avait tellement oublié l'air chaud qu'il faisait dehors. Vêtue d'un bustier relativement large vert, un jean cigarette bleu - qui a l'air de retenir la chaleur - et une magnifique paire de tongs or, elle souffre. Le soleil tape, sans ménagement, sa tête, son dos, ses cuisses, ses pieds mais continue d'avancer & contemple la population: les filles font les belles. Les garçons, les "caïra". Postée sous l'abri bus, elle attend & perd patience. La présence des gens lui semble insupportable. Les deux minutes d'attente du bus, interminables... Le bus arrive. Elle y monte. Ils se serrent telles des sardines dans une boîte de conserve. & là, un mélange de sueur, de parfum & d'odeurs locales lui monte à la tête. Normal lorsque son système nasal se retrouve en deçà d'un masse de poils, qu'on appelle communément aisselles...

# Posté le jeudi 01 mai 2008 07:04

Modifié le vendredi 31 juillet 2009 10:49